Des pas
des mots
emplis de comètes
scellent nos paupières
Nos yeux se reconnaîtront
dans les abîmes célestes
Sous l'étoile
sourd
une soif d'étoile
0
Un, deux, trois ...
à pas de loup
les bêtes se terrent
dans la terre qui apaise
Le cheval aux sabots d'hiver
sait-il où nos rêves sont allés ?
2
Les mots se posent
en pause
et les silences
se sont apprivoisés
Des petits secrets
se faufilent
entre les mailles
de nos murailles
Plus libres les ailes !
Le jour pointe vers les soleils
2
Lourds battants
au vent
A-t-il peur de la pluie
le petit oiseau ?
Il vient, il vient ...
il vient un instant sous le saule
pendant l'éclaircie
Passe l'averse
La pluie peut tomber chaque matin
2
Boire l'horizon
vomir l'azur
du haut des falaises
Briser l'espace
ronger le temps
Des pensées chevauchent
les mortes saisons
et glissent sur des soleils
Elles font des ricochets
Les galets de la grève
se multiplient dans le silence
1
Je me souviens
du bateau échoué
La mer
la mer s'est arrêtée
Je me souviens
du fil tranchant des vagues
translucide et blanc
comme un oiseau battant des ailes
J'étais nulle part
et le silence accueillait la nuit
sous la lune
2
Les coups de vent et les averses
sur la pierre
sur le granit érodé
ont tout secoué, tout malmené
Mon coeur
dès qu'il pourra
gagnera la campagne
les champs, les prés, les clairières
Mais la mer
sans nom, sans visage
pleine d'espérance et de joie
bleue sur bleu
elle galope partout
La mer
chante un air
Tout est paix et silence
0
Il y a des matins où
au fond de mon cartable
je cherche une image
le temps d'une évasion
sans bruit
Brefs détours de rêve
sur l'aile d'un oiseau
imaginaire
Passent les hirondelles
au-dessus de l'Authion
Le ciel est à portée de main
0
Des nuages s'accrochent
en dentelles
Brumes exquises
guirlandes pour une fête bleue
La couleur de la mer
rejaillit encore
Elle éveille un rire, une saison
le feu profond, le sable qui coule
entre nos doigts
L'été s'efface
Une ombre naît
fugitive, murmurée
bercée au vent
fauchée
2
Elle me souffle
les mots
comme des musiques
Elle murmure à mon oreille
les saisons et les oiseaux
Petite fleur-racine
lueur du matin
Des feuilles qui bougent
Le souffle de quelque chose
qui s'éveille
1
La lumière est bleue en ce soir d'été
les oiseaux n'osent toucher la clarté de la mer
Mes pensées se répandent
en zigzaguant
et ne savent où elles vont
Je veux un nom de fleur
et je suis un bateau
Je rêve
et voyage
Les barques au loin
se dérobent sur de minces fils d'argent
Fines voiles sur l'horizon
J'écoute mon coeur
battre dans la mer
1
La mer
ses volutes d'écume
son tumulte de vent
je la vois
réelle
large d'éclats
infinie
Un grand drap bleu
un vol d'oiseaux
une île où reposer son coeur
un coquillage
Tout est là
L'hirondelle, elle
revient chaque matin
C'est le printemps, l'été
sur la dune en désordre
1
Nous sommes à chaque instant
ces papillons de vent
éphémères
que la terre
ne cesse d'émerveiller
Mais le monde s'abîme
et vient mourir dans le jardin
Du temps et des saisons
nos ailes - brûlées de soleil
dessineront le souvenir
2
Deux gouttes de pluie
plus fraîches que l'aurore
et la terre s'ouvre
béante au clapotis
Deux gouttes de pluie
une poignée de lumière
la terre est un tapis
paré de vie
Deux gouttes de pluie
l'une disparaît vers l'horizon
et l'autre s'évapore
à l'ombre douce
de l'instant
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Par temps sombre
très lentement
la lune éclaire
les coeurs ouverts
Un peu de rêve
du bleu
comme l'eau
qui retient la lumière
et les ombres pâlissent
A ma fenêtre
au plus coeur de la nuit
des mots tintinnabulent
et je prends sous leur flot
ta douce main
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