11 mai 2026 1 11 /05 /mai /2026 15:01

Texte écrit d’abord sur une Remington trouvée dans le Corneillier

Oblique. Fragmentée. Etirée.

La maison ne tient plus tout à fait debout ni dans l’ordre des choses. La maison Corneille continue malgré tout à sa manière.

Epars. Poussiéreux. Déchu.

La porte résiste et cède, fatiguée, peut-être a-t-elle oublié sa fonction.

L’air intérieur n’a pas bougé depuis des années. Froid et chaud à la fois. 

Assourdi. Sombre. Erodé.

Dans l’entrée, un miroir fêlé. Il reflète le couloir, de travers, souvenir mal ajusté.

Béant. Renversé. Inachevé.

Le sol craque par endroits. Rien de stable. Tout paraît déplacé hors de son axe.

Syncopé. Heurté.

Vertical dans les murs. Horizontal dans la sensation.

Les pièces se croisent, se contre-croisent : cuisine qui revient sur elle-même, ouverte sur absence de salle à manger.

Eclaté.

Dans cette cuisine, une goutte tombe, elle impose sa mesure décalée.

Lancinante. Obstinée.

Sur une table, une tasse oubliée. Posée là contre toute logique. Je crois qu'elle n'a pas bougé depuis longtemps.

Les escaliers montent et descendent dans la même impression confuse. Le haut n’est plus certain.

Retournée. Vacillante.

La lumière entre de côté et d’en dessous et semble revenir de l’intérieur des murs.

Blanc. Sombre. Spectral.

Rien n’est à sa place mais tout tient. D’une façon incompréhensible.

Diffus. Défait. Dispersé.

Dans une chambre, une chaise tournée vers le mur. Peut-être vers ce qui était autrefois une fenêtre.

Inexprimable.

Le dehors arrive, amorti, filtré par plusieurs couches du temps.

Assourdi. Eloigné.

Les objets ne s’accordent pas entre eux.

Inachevés. Subsistants.

Dans le haut, un lit fait, dans une pièce dont je ne suis plus certaine de retrouver l'emplacement exact.

Enfouies. Retrouvées. Renversées.

Des boîtes vides. Des clés qui n’ouvrent rien. Des choses rangées dans le mauvais sens.

Incantatoire. Rugueux. Répété encore.

De travers.

La goutte tombe. Toujours la même.

SortirSourire un peu. Fermer la porte.

Je ne sais plus exactement pourquoi j’y reviens.