Un jardin comme une œuvre un compromis entre ce qui résiste et ce qui s’efface
je veux me fondre en un manteau de feuilles me taire être immobile je ne veux plus lutter ni tendre la main la forêt me recueille
le jardin a vu naître toutes les vies cette nuit dans le silence de la terre il a veillé la première pousse une présence dans le miroir des saisons quelle danse joue la lumière sur la scène des feuilles quelle danse poursuit l’ombre sous les racines avant...
L'Herbier de poésies
Je marchais sous le ciel gris de la lune Avant que les nuages ne prennent toute la place je voulais rester là pour voir la lune Je voulais rester là Tout au bout de l'allée un petit sanglier se dessinait sous la lune
Feuillet trouvé dans le tiroir d'un guéridon au rez-de-chaussée de la maison, côté jardin, dans la pièce retirée.
Sa coque est son écorce ses cordages sont ses nervures Son mât cherche le ciel comme une branche cherche le vent
La fenêtre rêve Un bout de ciel entre par la vitre Les nuages passent doucement Ils changent de forme Ils deviennent des bateaux des moutons un village qui part en voyage
Je serai le temps d'un rêve, votre refuge, une forêt de verre, de lumière et de couleurs, une clairière où vos pensées viendront se déposer comme des feuilles.
le clavier est avant le mot avant le songe quand le mot vient le clavier l’accueille l’accueille l’accueille le songe n’est pas ailleurs il a lieu ici ici ici dans ces touches qui attendent
sur le bord des routes d’hiver sans partir tu peux déjà sentir la lueur du départ elle n’est ni feu de camp ni phare des ports lointains elle est sur la valise l’amitié qui rayonne peut-être le mouvement qui donne au pas sa force
Fleurs Soleil Samba Printemps
J’abandonne la nature j’abandonne mes déchets Sur le sol je laisse mes plastiques mes papiers Qui va les ramasser ?
Les rêves sont autant de révoltes dans les soubresauts du monde À fleur de colère pourtant traversée de lumière ma vie rebelle avance La Terre répond aux mains qui la soignent aux yeux ouverts aux oiseaux qui rappellent aux hommes le chemin du vivant
peu importe que je parle que je me taise tout se transforme devant mes pas mon jardin se métamorphose peu importe que je parle que je me taise un banc arbre peut-être pour m’entendre ?
ils ont voulu le comprendre ils se sont appuyés au tronc et ils ont commencé à tourner autour alors tout s’est déployé en branches en feuilles en racines en sève ils ont eu peur et quand ils sont revenus et qu'ils l'ont regardé il n’y avait plus rien...
Réveiller la maison comme on ouvre une fenêtre le soleil se reflète dans les eaux — multiplié les mots sont planches petites îles où s’arrêter un instant avant de continuer la crue a changé la maison mais la demeure demeure
Je quitte l’endroit, l’âme en suspens avec cette idée : la toute-puissance fait mal au monde même quand on y met les formes Le nid déborde déjà de vies ça piaille, ça vit sans nous attendre et la nature n’a pas besoin de moi
un œil se ferme l'autre œil se ferme quand le troisième sera fermé tous les yeux seront clos et toutes les portes s'ouvriront
Comment cela pourra-t- il devenir tige, feuilles, fleurs, arbre, ombre ?
ô nuit non-nuit efface le trop-clair prends ce cœur dé-cœuré endors-le dans l’univers qui s’oublie
parfois comme si nous n’étions plus des enfants et comme si nous étions pourtant encore un peu
ce soir ce premier grondement et toi tu t'attardes à bâcher ta cabane tu marmonnes des mots que recouvre la pluie quand l'éclair ouvre au loin ses portes de lumière
on flotte entre le zéro et l’infini on cherche nos débuts on regarde la fin des choses on danse un peu au milieu de tout ça
pour quel matin étrange on entrouvre à demi les volets le jour transpire sur les trottoirs brûlants dans nos mains des nuages de plastique et ton visage qui danse au cœur des ombres de béton